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La Rhabdomyolyse


Régulièrement, le CrossFit est attaqué par ses détracteurs quant à ses dangers. Parmi ces derniers, la Rhabdomyolyse en est un potentiellement mortel. Certes il n’est pas directement lié au CrossFit (les sport d’extrême endurance en sont plus particulièrement touchés), mais il y a eu quelques cas réels qui ont permis aux Haters de s’en donner à cœur joie.

Ainsi, dans cet article, voyons ce qu’est concrètement la Rhabdomyolyse, ses effets et comment s’en prémunir. Je ne vais bien évidemment m’en tenir aux aspects sportifs (les causes dus aux écrasements lors des tremblements de terre, l’utilisation de garrots, etc. ne sont d’aucun intérêt pour nous).

La Rhabdomyolyse, définition

Par son étymologie, ce mot signifie simplement destruction (lyse) des muscles (myo) striés (rhabdo).

Son effet (destruction des fibres musculaires) provoque un déversement du contenu de ces dernières dans le corps et plus précisément dans la circulation sanguine et produire des conséquences potentiellement mortelles.

Qu’est ce qui provoque ces destructions de fibres musculaires ?

En matière de sport, plusieurs choses peuvent produire cela : L’effort musculaire trop important, l’écrasement (ou compression) du muscle. Nous reviendrons sur ces causes plus en profondeur. Mais sachez toutefois qu’elles sont rarement (très très rarement) suffisantes seules. Le corps possède suffisamment de protection pour nous obliger à nous arrêter avec que l’effort musculaire soit trop important. Nous sommes suffisamment intelligents (pour la plupart) pour ne pas provoquer volontairement une ischémie (garrot) sur un muscle qui va devoir produire un effort prolongé.

C’est pourquoi, très souvent, la rhabdomyolyse n’apparaît pas suite à un facteur. Il y a besoin de facteurs facilitant (médicaments pour traiter certaines pathologies, certaines pathologies parfois non connues par le blessé) et d’autres facteurs moins subits comme l’utilisation des drogues (au sens cocaïne comme au sens dopage), l’alcool… qui facilitent aussi la rhabdomyolyse mais apporte le petit plus ne réduisant, inhibant les barrières de protection du corps.

Il est très rare, si l’on en croit la littérature médicale, d’avoir un cas de Rhabdomyolyse avec juste un effort musculaire  »courant » trop important.

Les manchons de compression

En matière de compression comme cause de Rhabdomyolyse, le phénomène est le suivant : Dès que nous faisons un effort, nous provoquons un déséquilibre au sein de la cellule musculaire (on utilise des substances pour fabriquer de l’énergie, substances qui vont aboutir à des éléments anormaux dans la cellule). Ainsi, toute l’effort aboutira à une recherche permanente de retour à l’équilibre des différentes substances dans cette cellule.

Dans l’effort normal (celui que nous pratiquons à l’entraînement), nous y arrivons toujours (ou alors l’effort s’arrête). C’est pour cela que nous ne pouvons tenir notre vitesse de sprint plus de 40-60m, que nous ne pouvons pas faire plus de 1 répétition avec notre charge record sur le dos (Squat) : le déséquilibre engendré impose une baisse systématique de l’intensité (c’est une description simplifiée bien sûr).

Si nous voulons durer (marathon par exemple), nous baissons notre intensité pour en supporter une ne produisant pas un déséquilibre trop important.

En d’autres termes, nous laissons la possibilité à l’organisme d’apporter les éléments nécessaires au fonctionnement de la cellule (et à l’évacuation des radicaux libres et autres substances dangereuses pour cette dernière).

Mettez un manchon de compression (ou un garrot ou autre appareil réduisant la circulation) et vous réduisez la desserte de la cellule. Si votre intensité d’effort est la même que sans cette limitation… vous simulez une intensité plus forte du point de vue métabolique. Bref, vous passez outre es mécanismes de protection naturelle. Si l’effort se prolonge, vous en arrivez à un effort musculaire trop important (mais comme les mécanismes de protections sont déréglés par le manchon… vous n’en savez rien). Nous verrons plus loin l’effort musculaire trop important.

Cela aura également un effet immédiat lorsque vous enlèverez le manchon : vous re-perfusez très rapidement le muscle en perte d’équilibre. Vous augmentez donc d’un coup la pression intracellulaire très rapidement… Elle éclate et libère son contenu. La Rhabdomyolyse est là. Ceci est plus connu sous le terme de « Crush syndrome ».

Très souvent anodine (une récupération normale suffit). Mais si votre séance n’est pas parfaitement calibrée par le coach, vous pouvez dépasser vos possibilités et là…

Cette compression peut ne pas être matériel. En effet, un effort isométrique prolongé, un nombre interminable de répétitions de très faible amplitude ciblant un muscle peut réduire la circulation sanguine. Si vous dépassez vos limites, vous obtenez le même effet que nous venons de voir.

L’effort anormalement fort

Soyons clair, ceci est anecdotique (rare).

Lorsque l’effort est anormalement important et qu’il se prolonge plus que votre niveau le permet, vous dépassez vos capacités d’apport en oxygène. Ce dépassement va bouleverser votre équilibre dans la cellule qui ne pourra plus fonctionner normalement. Vous n’allez plus évacuer les radicaux libres, les ions H+. La pression intracellulaire va augmenter (comme quand vous gonflez un ballon en plastique).

Soit elle éclate, soit la pression est tellement forte que la perméabilité de la cellule se modifie et laisse sortir le trop plein dans le réseau.

Ceci arrive tous les jours, pas d’inquiétude. C’est l’ampleur de ce déversement qui va induire ou non une Rhabdomyolyse.

En effet, nous avons tous (ou presque), les urines foncées le lendemain d’une bonne séance bien dure. Nous avons régulièrement des courbatures après des efforts anormaux. Cela ne pose aucun soucis, nous nous réparons avec du temps.

Mais là où il y a soucis, c’est lorsque ce déversement est tellement important qu’il va avoir un impact sur l’équilibre du sang lui-même.

Apportez trop de potassium et le cœur ne va pas vraiment aimer. Ajouter une grosse quantité de myoglobine dans le sang (contenue dans les cellules musculaires) et vous provoquez un dysfonctionnement. Le corps va éjecter ce trop plein de myoglobine, via les reins… sauf que les reins ils n’aiment pas trop la myoglobine. Ils vont donc arrêter de fonctionner (insuffisance rénale). Et comme le trop plein de potassium est normalement évacué par les reins, je vous laisse conclure.

Vous comprenez donc que si en plus vous ajoutez des substances nocives (alcool, certains médicaments pouvant accentuer cela) ou si vous avez un désordre métabolique (l’acidose accélère la dégradation de la myoglobine par exemple), vous obtenez un cocktail détonnant.

Les premiers symptômes

Le tout premier, significatif, est l’oedème. Certes nous avons souvent les muscles congestionnés, énormes. Mais l’oedème est lui très reconnaissable. Si votre biceps double de volume, vous ne vous poserez pas la question, vous saurez.

Les urines sont également un bon indicateur : Elles deviennent rouges très foncées (quasiment comme du coca cola, sans faire de pub).

Enfin, les douleurs musculaires. Nous avons tous des douleurs musculaires après l’entraînement (fatigue, courbatures…). Mais lorsqu’elles sont couplées aux 2 précédents symptômes et surtout quelles sont très très handicapantes, il y a lieu de se poser la question.

Que faut-il faire pour éviter la Rhabdomyolyse ?

Il ne convient pas d’interdire le sport et encore moins le dépassement de soit. Mais il convient d’avoir un coach compétent qui va savoir équilibrer un programme d’entraînement, vous faire découvrir progressivement de nouveaux exercices.

Ainsi, il semblerait que la cause principale de la Rhabdomyolyse (en dehors des substances nocives et des problèmes de santé non détectés) soit l’effort trop important (prolongé) sur des exercices non régulièrement pratiqués. En effet, ce n’est pas parce que vous faites 20 kilomètres de course à pied chaque jour que vos biceps vont supporter 100 tractions supination en un minimum de temps.

D’où l’importance que CrossFit entend dans les mots progressivité et qualité technique.

Si vous n’êtes pas progressifs, vous arrivez rapidement à vos limites… et vous les dépassez si votre coach ne vous calme pas (ou s’il n’est là que pour vous encourager à vous dépasser). C’est là, normalement, l’une des différences entre les prestations d’une box Affiliée et les prestations des salles n’ayant aucune idée de ce qu’est réellement le CrossFit

Et parmi les moyens mis à sa disposition pour détecter un problème de dépassement anormal de vos capacités, la technique est le plus redoutable : si vous perdez complètement votre technique, vous êtes certains que vous avez dépassé les limites pour cet exercice.


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